Gaston Vogel: COMMENTAIRE SUITE À LA NOMINATION DE DUPONT-MORETTI COMME MINISTRE DE LA JUSTICE

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Eric Dupond-Moretti. Photo © Francois Mori/AP/SIPA

Encore qu’il soit difficile de comprendre pourquoi Macron ait balancé son sympathique Premier Ministre, il est jouissif de constater que désormais, l’arrogante Justice ne soit plus aux mains d’une mollasse, mais d’un avocat, forte personnalité, qui connait tous les coins et recoins sombres des arcanes judiciaires.

 

Cela déplait évidemment à la magistrature, qui considère cette nomination comme une déclaration de guerre.

 

Elle a comme partout ailleurs, l’épiderme chatouilleux.

 

Il se hérisse dès qu’on ose y toucher.

 

Aussitôt ça fuse. « Violation de la séparation des Pouvoirs !!! »

 

Elle ne connait pas la réciproque, comme on a pu le constater lors de la prise de parole de l’Union de la Magistrature.

 

Elle fait partie des tabous !

 

*

 

Alors pourquoi ces choses sont-elles possibles en France et pas ici ? – où le Ministère de la Justice, le parent pauvre de presque tous les gouvernements, passe d’une main incompétente dans celle d’une jeunette, qui n’a aucune espèce d’expérience, n’ayant jamais plaidé et devant affronter un monde qui lui est étranger – un monde complexe qui vit depuis toujours, sous une chape de plomb – un monde où ceux qui l’habitent ont le droit d’agir en toute liberté, sans que jamais leur responsabilité civile ne soit recherchée, où par une idiotie d’architecture, vivent en tas, magistrats debout et assis, casseurs et potentiels cassés, d’aucuns et de plus en plus sinistrement nombreux, mariés avec un membre du barreau – bref, un Etat sui generis dans l’Etat.

 

Se trouvent gravés en lettres grasses, sur le frontispice du temple de Thémis, ces deux avertissements :

 

  • Noli me tangere
  • Noli turbare circulos meos

 

Malheur que les temps soient passés, où un Krieps était aux rênes du Ministère de la Justice et faisait voter cette délicieuse loi qui cherchait son pareil planétairement, à savoir « loi portant humanisation du recours en cassation », une loi qui hélas, n’a malheureusement pas atteint son objectif.

 

C’est en effet toujours le mur !

 

Espérons que Dupont-Moretti fera ce qu’attendent de lui tous ceux qui sont intéressés à une justice fonctionnant dans la plus totale impartialité et objectivité, et où ceux qui la rendent doivent comme tout un chacun, rendre des comptes, si « force sera de constater (cette belle expression qu’on retrouve ad nauseam dans les jugements) » que la décision rendue est marquée au coin de la ploucquerie.

 

 

 

Le 07 juillet 2020.

 

 

Gaston VOGEL

 

 

 

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