Litteraresch Rees vum Gaston Vogel (2): PORT-ROYAL – PASCAL ET RACINE

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PORT-ROYAL – PASCAL ET RACINE

 

Magnifique journée pleine d’enseignements littéraires.

Nous partons pour Montfort-l’Amaury où nous visitons l’extraordinaire charnier avec ses galeries en brique, ses têtes de mort, ses tombes de toutes époques souvent contiguës aux jardins des habitants et faisant ainsi partie du cœur même de la vie quotidienne.

Ce cimetière date du XVIe siècle.

De loin menacent les quelques moignons qui subsistent d’un ancien château fort.

De là nous descendons vers Port-Royal.

Assez difficile à trouver si on prend comme nous l’avons fait les petits chemins qui partent de Montfort-l’Amaury.

Nous visitons un des hauts lieux de la civilisation occidentale.

Quel instant émouvant si on touche la terre qui se souvient des pas de Racine et de Pascal.

Aucun visiteur.

La nature est restée intouchée.

Elle est sauvage et montre avec fierté ses vieux arbres aux écorces tourmentées.

Un silence de plomb flâne sur le site.

Les quatre allées plantées de tilleuls à l’endroit même où se trouvait l’abbaye racontent au visiteur les terribles événements qui se sont abattus sur l’abbaye dans la nuit du 28 au 29.10.1710.

La terreur catholique, une terreur soigneusement entretenue et favorisée par le roi et une bande des Jésuites.

Si j’ai bien compris la concierge qui se plaignait des mauvaises conditions d’hygiène qui règnent dans sa petite maison face au colombier, le site serait sous la protection de prédateurs bénédictins.

C’est en tous cas chez eux qu’elle va se laver quand rien ne va plus.

On ne respectait pas même la paix des morts qui gisaient dans le cimetière “trois mille cadavres furent exhumés et jetés pour ainsi dire au dépotoir.”

Racine et Pascal ont échappé à la fosse commune de Saint-Lambert-des-Bois.

Il ne reste pas grand-chose de ce lieu marqué au coin de l’intelligence.

Seul le Colombier nous est resté intact.

Il était l’un des plus importants pigeonniers de la France seigneuriale.

Cinq mille nids !

À quelques kilomètres de là on tombe sur le chemin Jean Racine qui mène au domaine des Granges.

C’est un endroit onirique qui nous prend aussitôt à la tête.

Vertige du beau.

Vertige du silence.

Vertige de la vie qui s’épanouit avec force et tranquillité dans les superbes arbres qui font du parc un événement.

C’est là où je pourrais rester longtemps. – bien au-delà de ce quart d’heure auquel j’ai habitué mon monde.

Là je ne prendrai  pas racine. – Je vivrai dans et avec les racines.

Qu’est-ce qui avait pu inciter Pascal à rejoindre Port-Royal.

Racine nous apprend dans un abrégé de l’histoire de Port-Royal que ce fut Mademoiselle, sa sœur, qui influençait grandement la décision du philosophe.

“Lorsque sa sœur avait voulu donner son bien au couvent, Mère Angélique et les autres Mères ne voulurent pas le recevoir, et obtinrent d’elle qu’elle n’apporterait qu’une dot assez médiocre.

Un procédé si peu ordinaire à des religieuses excita la curiosité de Monsieur Pascal, et il voulut connaître plus particulièrement une maison où l’on était si fort au-dessus de l’intérêt.

 

 

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