Gaston Vogel: D’Schantercher aus der Stad an e weidere Feierdag

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études Gaston Vogel

Le bon pays

 

 

Dès qu’on quitte la maison pour se rendre au boulot, on tombe aussitôt sur les premiers obstacles : plots, barrières, bulldozers, grues – e Genoss.

 

Il faut errer entre chantiers – ils sont partout.

 

D’aucuns ne finiront plus de finir.

 

2020 nous rassure–t-on, sera en la matière l’année du Seigneur.

 

On sera bénis de chantiers.

 

Certaines barrières collent au fronton des immeubles, obligeant usagers et clients à une première « déviation ».

 

Allez du côté de la Place Dargent – vous serez édifiés.

 

*

 

Les commerçants ne savent plus où en donner de la tête.

 

Pour eux, c’est une saison en enfer.

 

D’aucuns ont déjà déposé le bilan – d’autres survivront.

 

*

 

Une fois en route, vous la voyez surgir sur vous – une armada de bus, des bus partout, devant, derrière, à droite, à gauche, au loin, tout près, souvent vides d’occupants et à ce chaos se mêlent les premiers trams  à leur tour vides de monde.

 

Tous ces monstres roulent dans tous les sens à des vitesses souvent élevées.

 

C’est l’effrayant univers des mastodontes auxquels s’ajoutent les camions qui desservent les chantiers.

 

Un tohu-bohu général, universel, qui est à l’origine des queues et files interminables qui font le désespoir des usagers de la route qui se rendent au travail – ils ont la boule de colère à la gorge, sachant qu’ils seront une fois de plus en retard et devront subir les remontrances de l’employeur énervé d’avoir à subir les retombées nocives de cet emmerde.

 

 

 

Le tram, le jouet de Bausch, ultime invention appelée, suivant d’incorrigibles optimistes, à soulager la circulation, s’est muté en éventreur des avenues de la ville.

 

Partout s’ouvrent les entrailles des grandes artères.

 

Rejoindre la Gare Centrale est un exercice de « haute voltige ».

 

Seule consolation, les politiciens engagés dans la campagne du 26.05, qui ont affiché leurs portraits tout sourire à chaque coin de rue, soit collés sur d’énormes panneaux plantés à proximité des chantiers, soit accrochés en haut des lampadaires.

 

Ils sont à leur tour partout – ils rayonnent la confiance et l’humanité.

 

Eux, tournés vers leur profit, avaient eu récemment la bonté calculée de nous offrir un jour de congé inédit.

 

Le 09 mai.

 

Pour fêter qui et quoi ?

 

Une indélicatesse sans nom, coupant une fois de plus la semaine en deux.

 

Pour rien.

 

Pure connerie électorale, qui s’est révélée catastrophique pour le petit commerce déjà si éprouvé.

 

Et voilà un autre chantier qui reste à assainir une bonne fois pour toutes, celui de l’évergétisme – des dons politiciens qui ont toujours l’haleine fétide.

 

 

 

 

 

 

Le 21 mai 2019.

 

 

 

Gaston VOGEL

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